A l’issue de cette première saison pleine de l’ère McCourt, qu’on peut même définir comme l’ère du quatuor McCourt-JHE-Zubizarreta-Garcia tant l’organigramme parait clair et stable à court terme, tentons de tirer quelques enseignements avant de se projeter sur la suite.

gustavo

D’abord, Garcia. Souvent décrié, par moi le premier, il a été insupportable pendant presque la moitié de la saison. Râleur, de mauvaise foi, ne se remettant jamais en question, proposant un jeu parfois très médiocre voir à la limite de l’indigence en Europe, les doutes étaient plus que légitimes quant à sa capacité à amener l’OM au palier supérieur. Pourtant, en décembre s’est amorcé un changement, coïncidant avec la renaissance petit à petit de Payet. Son comportement et sa communication restent largement perfectible, même si on a vu du mieux. La seconde partie de saison sur le terrain fut plutôt satisfaisante, malgré de grosses tâches au bilan. Une incapacité à gagner face aux gros, notamment Lyon pourtant largement à notre portée, et des points bêtement perdus face à des petits en partie à cause d’une frilosité dans les fins de matchs. En Europe, le parcours fut magnifique ; malgré la déception de la finale perdue, dont la composition et le coaching sont discutables, ce fut une belle aventure qui a rappelé l’ADN européen de l’OM.

Pour le championnat, à l’heure où j’écris ces lignes on ne sait pas à quelle place on va terminer. Il reste un baroud d’honneur à disputer. Il faut battre Amiens et espérer un faux pas de Lyon face à Nice (voir de Monaco contre Troyes). La qualification en Ligue des Champions serait une belle récompense pour cette très longue saison qui a épuisés les supporters comme les joueurs. Pourtant, on ne pourrait s’en prendre qu’à nous mêmes si on devait finir au pied du podium. Néanmoins, ce ne serait pas une catastrophe non plus. Une déception certes, mais qui ne nous empêcherait pas de continuer notre progression comme équipe et comme club. Cela peut être un frein pour le mercato mais la joie et l’honneur d’être en poules de LDC pourrait – scénario loin d’être absurde – être une parenthèse enchantée avant d’être reversé en Ligue Europa (Monaco s’est fait étrillé cette saison en poules). Bien sûr, ne soyons pas petits joueurs, et visons le plus haut possible ; il faut juste admettre qu’aussi décevante qu’elle soit, une 4ème place ne serait pas trop problématique. Verdict demain.

La grande satisfaction de cette saison au niveau sportif, dont le crédit revient aussi à Garcia, est d’avoir su créer un groupe soudé, solidaire, avec une rotation de l’effectif efficace ce qui était loin d’être une sinécure. On a vu une belle mentalité sur et hors du terrain – malgré l’épisode Evra et quelques moments de relâchement – avec l’affirmation de leaders et de gros caractères. Garcia croyait en Ocampos et a donné une toute nouvelle envergure à Sarr : deux beaux succès à son actif qu’il ne faut pas occulter. Au niveau du jeu, il a su opérer un changement de système salutaire, même si un joueur comme Sanson n’a pas su s’y adapter. Payet a pu au fil de la saison monter en régime, à l’aise physiquement et tactiquement dans un rôle sur mesure. Les divers replacements à l’arrière ont porté leurs fruits. Globalement une bonne saison même si les émotions et le beau jeu n’ont pas toujours été présents, avec une finale européenne en guise d’apogée après des matchs d’anthologie.

Concernant l’effectif dans le détail, ce fut vraiment hétérogène. Du très bon, du très mauvais, du très irrégulier, des bonnes surprises, des déceptions, des blessures. Le dossier de l’attaquant de pointe qui n’est pas clos, des recrues qui paraissaient inadaptées et qu’on espère voir loin, etc. Pour ne pas faire trop long, je vais juste donner une note à chacun, sans commentaire. C’est indicatif, et propre à mon sentiment, à relativiser avec les attentes envers chacun, les dispositions tactiques plus ou moins favorables, etc.

  • Luiz Gustavo 10/10
  • Payet 9
  • Rami 8
  • Thauvin 7
  • Sakai 7
  • Sarr 7
  • Mandanda 6
  • Ocampos 6
  • Rolando 6
  • Amavi 6
  • Mitroglou 5
  • Zambo 5
  • Sanson 5
  • Lopez 5
  • Pelé 5
  • Kamara 5
  • Germain 4
  • Sertic 3
  • Abdennour 2
  • N’Jie 2

À une échelle plus globale sur le club, on a eu des hauts et des bas. Un traitement des supporters parfois compliqué. Eux-mêmes montrant une ferveur magnifique, véritable 12ème homme contre Leipzig par exemple, et affichant des tifos splendides.  La direction a été parfois difficile à comprendre, plus de transparence et de communication ne devrait pas être de trop. Jacques-Henri Eyraud a sans doute voulu être assez en retrait cette saison pour prendre le temps d’apprendre, et on ne peut lui en vouloir pour cela ; on a d’ailleurs vu qu’il est monté au créneau en fin de saison et a tenu tête à Aulas. Au niveau financier on semble sur la bonne route. Le prochain gros enjeu de la direction m’apparait clair : l’exploitation du Vélodrome.

Il est évident que l’OM a besoin de gérer à sa convenance son enceinte (avant peut-être de l’acquérir) dans son nouveau projet, pourtant Arema et la ville de Marseille persiste à faire traîner les négociations ce qui irrite à juste titre notre président. Ils savent très bien que l’OM a besoin de rester au Vélodrome et qu’il est inconcevable de jouer dans un autre stade. JHE veut reprendre la main cet été, et ses sorties publiques montrent un agacement certain envers ses interlocuteurs dans ce dossier…